De Teruel à Cuenca, montanas vacias.

De Teruel à Cuenca, les “montanas vacias”


 

Requinquées par une quasi journée de “repos” à Teruel, nous repartons avec l’idée d’aller explorer un peu ce qui semble être la Mecque des cyclistes dans le secteur. En effet, un tas d’agences vendent des tours de 4 à 7 jours à vélo, gravel ou route, dans ces fameuses montanas vacias, au cœur desquelles le Tage et le Cuervo prennent leurs sources. Nous nous attendons à une région très sauvage… Nous n’avons pas été déçues. Pinèdes magnifiques dans des montagnes de roches rouges, routes panoramiques absolument désertes au milieu de parcs ou réserves. Le premier jour, nous arrivons à Albarracin pour le pique-nique, village à ne pas manquer. Les vélos nous attendaient accrochés à une barrière tandis que nous arpentions les ruelles et escaliers du village perché sur un éperon rocheux. Le bivouac suivant, le long d’une route en travaux sur 15 km ( nous n'apprendrons que plus tard qu’elle était fermée à la circulation), fut encore très calme, seuls les oiseaux nous cassent les oreilles ! 😛

 

Les magasins sont très rares sur notre chemin, et encore souvent fermés l’après-midi, il faut donc nous montrer prévoyantes. Nous avons parfois poussé les vélos dans des pentes beaucoup trop raides, mais quel bonheur que ces petites routes où nous croisons parfois moins de dix véhicules par jour ! Quand nous passons sur les hauteurs aux alentours des 1500 m, la vue porte loin sur des vagues de forêts, des plans successifs qui ne laissent voir que du vert. Tout cela nous flatte sévère la rétine. Les dénivelées journalières sont toujours aussi importantes mais nous avançons bien. Et toujours des bivouacs dans les bois, au milieu des arbres, des pins en général, et quelques piquants, du houx, des genêts, du buis. Les odeurs nous ravissent.

 

Nous avons remonté aussi de magnifiques rivières, comme le rio Escabas, dont la limpidité de l’eau nous a laissé rêveuses. Puis de nouveau vers 1400-1500 m, ces paysages de prairies rases parsemées de pins. Pas de maison ni rien sur 38 km. Villalba de la Sierra, bourgade au milieu de rien, il fallait arriver avant 14 h pour trouver l’épicerie ouverte, j’ai mis la gomme. Nous admirons ensuite à Una les cascades sur le travertin et le lac entouré de roselières et surtout de falaises magnifiques. Toute la vallée en est bordée. Ce bivouac là sera particulièrement beau.

 

Le lendemain malheureusement, Deena a mal à un tendon d’Achille et décide de prendre un raccourci, quelle bonne idée car ce sera ma plus grosse journée depuis le départ, avec une fois de plus des rampes innommables, moins de dix véhicules dans la journée, et trois patelins qui semblent désertés. 15 km avant la ville de Cuenca, éreintée, je retrouve ma coéquipière au point convenu, et nous installons nos tentes juste plus loin, dans le premier bois avenant.

 

Nous sommes parvenues à Cuenca par la route panoramique et avons traversé le centre historique tout en pente avant de trouver une chambre au centre ville. Puis je suis allée visiter cette ville historique magnifique, bâtie sur des falaises au pied desquelles, de chaque côté, coule une rivière. La place fut d’abord construite par les Musulmans même si tous les bâtiments “religieux” sont aujourd'hui chrétiens. J’ai été impressionnée par le nombre de couvents qu’il y a là au milieu. Et comme d’habitude, après petite lessive, courses alimentaires et douche, nous serons prêtes à repartir vers le sud, direction la Sierra Nevada, toujours par les hauteurs. 

 

Jusque là la météo n’est pas loin d’être parfaite, il fait frais la nuit, pas trop chaud la journée, c’est très ensoleillé, et pas humide… Que pourrait-on demander de plus ? Un peu moins de vent de face peut-être… 

 

Du côté des bobos, à part le tendon d’Achille de Deena, j’ai le derrière irrité par la selle, au point d’y étaler de la crème pour les irritations des bébés… en espérant que ça va s’arranger ! 

 

En plus de deux semaines de vélo sur les routes ibériques, pas un seul véhicule ne m’a serrée, c’est remarquable, et tellement agréable ! Pourvu que ça dure ! Et comme d'habitude, les images sont nombreuses dans la section "photos".

 

 

Hasta luego !